02. Historique

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À l’origine de l’IRE, on trouve l’expérience et le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer, ainsi qu’un double constat : celui de l’insoutenabilité environnementale, politique et sociale de nos modes de développement, et celui de l’inertie des systèmes conceptuels et institutionnels par rapport aux évolutions rapides des sciences, des techniques et des réalités économiques : nous pensons demain avec les idées d’hier et nous voulons le préparer avec les institutions d’avant-hier.

Le constat

Ces dernières décennies ont vu des mutations économiques majeures : l’approfondissement de la globalisation financière, l’émergence de nouveaux oligopoles et la transnationalisation des grandes firmes, l’extension des domaines de marchandisation… Les Etats et les acteurs économiques doivent maintenant composer avec une interdépendance économique, financière et énergétique structurelle.

De nombreux chercheurs, citoyens et responsables associatifs partagent le sentiment que les « lois » économiques circonscrivent de plus en plus le champ de l’action politique. Ils perçoivent une économie désenchâssée du reste de la société et un marché qui met en échec la gouvernance politique en la subordonnant à ses « lois ».

Ce sentiment est renforcé par l’affaiblissement voire l’échec des interventions publiques, tout comme par l’absence de nouveaux cadres d’analyse, capables de transcender l’échelle de la régulation nationale. Aucune perspective globale n’est offerte pour parvenir à une plus grande équité entre les individus et les sociétés, ou à un véritable équilibre entre les activités humaines et la biosphère. Tout se passe comme s’il suffisait d’ajuster à la marge l’évolution actuelle pour répondre aux défis qui se posent à nous.

Nous pensons au contraire que ces défis appellent à repenser en profondeur notre façon de produire, de consommer, d’échanger, de réguler et de partager.

La société civile a fait émerger nombre d’initiatives innovantes : le commerce équitable, l’investissement responsable, la finance solidaire… Elles apportent de nouvelles pistes mais restent isolées, sans parvenir à construire une perspective d’ensemble ; pour le faire, un effort proprement théorique semble indispensable, et c’est précisément l’ambition de l’IRE.

L’expérience de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme

La fondation a toujours porté une grande attention à la façon dont réflexion et action peuvent se renforcer mutuellement. Jusqu’à récemment, elle l’a fait surtout en aidant des acteurs et innovateurs à se fédérer et à élaborer leur réflexion. Ses apports propres ont été, jusqu’à présent, centrés sur la gouvernance : en 2004, la Fondation a créé l’Institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG) s’adressant aux universitaires et centres de formation et réunissant, entre autres, les partenariats de Harvard, Columbia, Science-Po, Université de Tonji à Shanghai, Quin Hua à Pékin….

Persuadée de la nécessité de lancer un processus similaire dans le domaine économique, la Fondation a décidé de soutenir la création l’IRE, au début en tant que le programme économique de l’IRG. En juin 2009, l’initiative deviendra cependant une fondation indépendante.